Cyrano de Bergerac
- Yves Michel
- 1 mars 2018
- 1 min de lecture

Petit retour en arrière. Dans ma maison des Andes vénézuéliennes. J’avais consacré l’une de mes soirées tropicales à visionner “Cyrano de Bergerac”, la dernière version sortie. Régulièrement, tous les deux ou trois ans, je reviens à Cyrano que je considère comme l’un des chefs d’œuvre de la langue française et du génie français. Voulez-vous faire aimer notre idiome par un étranger – ou même par un Français qui n’en aurait pas encore perçu les beautés ? Faites-lui lire l’œuvre de Rostand, Cyrano de Bergerac. C’est brillant, c’est fin, c’est caustique, c’est du diamant pur, c’est… du panache !
J’avais vu, dans le rôle, les acteurs les plus étincelants, de José Ferer à Daniel Sorano, de Jean Piat à Jacques Weber. J’avais la nouvelle version depuis quelque temps dans mon ordinateur, mais j’hésitais à la regarder à cause de Gérard Depardieu que je n'aimais pas beaucoup. J’avais peur qu’il n’abîme mes souvenirs. Je me trompais. Il est toujours agréable d’avoir raison, mais il y a aussi une certaine jouissance à reconnaître ses erreurs. Et je veux bien faire m
on mea culpa. Depardieu est excellent dans ce rôle (j’avais déjà eu un avant-goût de ses possibilités dans « l’autre Dumas »). Donc, acte, Depardieu ne démérite pas et ne rabaisse pas Cyrano comme un certain Roger Hanin avait anéanti le Marius de Pagnol. Avec l’âge, le vin s’est bonifié. Tout comme les vers de Rostand qui restent d’une force et d’une jeunesse incroyables.
Qui donc aura le courage de reprendre l’autre chef d’œuvre de Rostand, Chantecler ? Et pourquoi pas Depardieu dans le rôle créé jadis par Lucien Guitry ?