Swing Sorg Orchestra
- Yves Michel
- 24 août 2014
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Ça ne se passait pas dans les jardins de l’Alhambra, mais bien dans les jardins de la mairie de Pernes-les-Fontaines. Et ce fut un enchantement. D’abord la nuit était une superbe nuit de fin du mois d’août, fraîche juste ce qu’il fallait, et ensuite, sur scène il y avait le « Swing Sorg Orchestra », un big band composé des meilleurs musiciens du sud de la France.
Michel Cassez, plus connu sous le nom de Gaston, qui fut l’un des Compagnons de la Chansons, l’un des grands musiciens de jazz français, dirigeait cet orchestre comme le professionnel qu’il est, mais avec la fougue de la jeunesse, de « sa jeunesse », car il n’a rien perdu de son enthousiasme ; le temps ne semble pas avoir de prise sur lui. Il anima la soirée avec cette précision, cette sobriété, cet humour qui manque actuellement à la plupart des animateurs.
La section rythmique est certainement l’une des plus performantes que l’on puisse entendre de nos jours. En fait, si elle est composée de trois musiciens, piano, basse, batterie, il y a une telle entente, une telle homogénéité entre les trois, qu’ils jouent « comme un seul homme ». Les idées de l’un s’enchaînent avec celles de l’autre, se complètent et se justifient. Le jeu de piano de Christian Mornet reste toujours chantant et fait oublier sa formidable technique. De temps en temps il « balance » quelques accords qui produisent un swing terrible et relancent le morceau, comme un moteur de formule 1 qui rétrograde pour passer à la vitesse supérieure. La basse de Michel Prat (la contrebasse, pardon), est un régal pour les oreilles, c’est rond, c’est chaud, ça roule comme une belle mécanique et ça souligne le formidable swing de Koye Vernet qui m’a fait quelques fois penser à Cozy Cole quand il pousse le tempo tout en restant bien calé sur le temps avec ce formidable « after beat » qui donne un nouvel élan à l’orchestre.
Les sections cuivres et anches sont, je l’ai déjà dit, est composées des meilleurs musiciens de la région. Ça sonne merveilleusement. Jean-Marie Lombardi à la trompette possède une de ces sonorités éclatantes à faire écrouler les murs de Jéricho. Quant aux arrangements de Marc Cauquil ils sont de très haut niveau et tout à fait dans l’esprit.
Je n’ai hélas pas retenu le nom de l’excellent chanteur qui faisait là un remplacement au pied levé, et que j’ai beaucoup apprécié. (Mais mon ami Koye va combler cette lacune)
Bref : Une soirée comme on en voudrait souvent.
Yves Michel