LA TRADITION DU MUGUET
En 1564, le petit roi Charles IX a quatorze ans. En fait, c’est sa mère, Catherine de Médicis, qui gouverne. Le père, Henri II, a eu la mauvaise idée de recevoir un coup de lance dans l’œil. Rétamé le bonhomme !
Catherine est en voyage. Dans le Sud. Non pas qu’elle aille aux bains de mer, mais c’est qu’elle essaye de calmer le jeu entre les Catholiques et les Protestants qui se castagnent ferme. La chaudière donne des inquiétudes. Une explosion semble imminente. Effectivement, huit ans plus tard ce sera la Saint Barthélémy. Le sang va couler à flot dans les rues de Paris. À tel point que les eaux de la Seine en seront rouges.
Donc Catherine fait office d’ambassadeur, ou de modérateur entre les deux partis (Belle hypocrite la Cathy. C'est tout de même elle qui donnera le signal du massacre).
À Salon de Provence, la reine mère s’arrête pour consulter la boule de cristal chez son astrologue, Nostradamus.
Ce que l'astrologue lui prédit ce jour-là, l'Histoire ne l'a pas retenu. Rien de bon certainement. On connaît la suite. Remontant sur Paris, Catherine passe la nuit à Saint-Paul-Trois-Châteaux en Drôme provençale, chez le chevalier de Girard de Maisonforte qui lui offre une magnifique brassée de muguet de son jardin. Le 1er mai 1564, elle arrive à Paris, et s’empresse de remettre les petites clochettes porte bonheur au roi son fils. Celui-ci, déjà galant homme pour son âge, fait sur le champ une distribution généreuse des brins de muguet aux galantes de sa cour et décide « qu’il en sera ainsi chaque premier mai ».
Tradition aristocratique mais qui deviendra populaire le 1er mai 1900, lorsque, lors d'une fête organisée par les grands couturiers parisiens Toutes les femmes présentes reçurent un brin de muguet.

