MIEUX VAUT L'AVOIR DURE QUE MOLLE

Bien mal acquis ne profite jamais. Les mauvaises actions se payent un jour ou l'autre. La vertu convertit tout en bien, le vice convertit tout en mal.
Voilà le genre de connerie dont on nous a bourré le crâne quand nous étions gamins. Imbécillités que l'on trouvait dans « la veillée des chaumières » ou dans les cours de morale de l'école laïque et républicaine. (Et ne parlons pas des écoles religieuses. Là on atteint le comble de la niaiserie hypocrite).
Eh bien c'est faux, archi faux.
Un nombre effarant de gens honnêtes ont eu une vie de merde, ont mangé de la merde, et sont morts dans la merde. Regardez autour de vous, dans votre famille, vos amis, recherchez dans les livres d'histoire, lisez les journaux et vous constaterez que je ne déparle pas.
Par contre, nombre de voyous, de dépravés, d'ignobles crapules, ont vécu dans le luxe et le confort absolu, mangé cinq étoiles tous les jours de leur vie, et sont morts pénards dans des draps de soie, célébrés, encensés, avec les honneurs, regrets éternels. Légion d'honneur et prix Nobel.
Les anciens le savaient déjà, eux qui avaient inventé l'enfer et le paradis pour mieux contrôler le petit peuple ignorant. La chose était un peu sévère, il faut le reconnaître. Elle ne laissait aucune place à l'espérance. Aussi, quelques curetons malins avaient ajouté le purgatoire pour éviter les solutions extrêmes.
Assassins impunis, voleurs jamais inquiétés, prévaricateurs, hommes politiques corrompus, banquiers véreux, tout ce beau monde n'a pas le souci du lendemain, ne vit pas dans l'angoisse d'être rattrapé par la justice et de payer sa dette à la société. Et plus le crime est grand, moins le risque est réel. Un voleur de pomme risque beaucoup plus qu'un promoteur qui aura ruiné des centaines de petits rentiers, et un égorgeur de vieille dame aura vingt ans de prison, tandis que le responsable politique à qui l'on devra des millions de morts ne sera en aucune façon inquiété.
Moralité : le bien mal acquis profite. La justice divine n'existe pas. La morale est une fumisterie. Alors mes p’tits gars, profitez, jouissez, mettez-vous-en plein les poches si vous voulez, baisez, trompez, grugez, remplissez-vous la panse, ne tremblez plus pour votre vie éternelle. On vous a pris pour des gogos avec cette fable. Et l'autre qui disait : « bien heureux les pauvres, ils seront riches dans les cieux » était un arnaqueur de première qui roulait pour que le petit peuple ne fasse pas chier les puissants, et que ceux-ci puissent continuer à se dorer la pilule au bord de leur piscine en sirotant du champagne.
Ne vous occupez pas de ces salauds de pauvres et caressez les riches dans le sens du poil. Vous mangerez mieux, vous aurez une meilleure literie, et vos femmes seront moins moches. (En version féminine : le gros tas à petite bite qui dort près de vous sera facilement remplacé par 80 kilos de muscles bien proportionnés, et un membre performant).