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AU TEMPS DES COLONIES

La plupart des gens, aujourd'hui, n'ont pas eu accès à une culture historique. Ce n'est pas un reproche que je leur fait – je le ferais plutôt à l’Éducation Nationale. Alors, ils parlent du passé avec des raisonnements de « leur temps ». Raisonnements bien évidemment manipulés par différents médias, journaux, radios, télévisions et cinéma.

Quand on en arrive à dire aujourd'hui que le colonialisme est un « crime contre l'humanité », c'est un homme du XXIème siècle qui s'exprime, un homme justement sans culture historique. Il voit les pays « ex-colonisés » comme ils sont à l'heure actuelle, et il reporte l'image qu'il s'en fait, dans le passé. Un jour, les Romains ont colonisé la Gaule. Faut-il le regretter ? Faut-il s'en montrer satisfait ?

Je vais prendre l'exemple du Congo-Brazzaville. Pourquoi ce pays et pas un autre ? Parce que j'y ai passé toute ma petite enfance. Ce pays n'était pas un pays. Il n'avait pas d'administration, pas de chef d'état, pas de langue officielle. C'était un territoire sur lequel coexistaient des tribus d'ethnies différentes, souvent ennemies, réparties dans des villages épars dans la brousse, vivant dans des cases de torchis couvertes de paille. (je ne l'ai pas lu quelque part, je l'ai vécu)

Alors, je veux bien admettre que l'idée d'un enrichissement personnel a poussé la plupart des colons vers ces territoires, mais que se serait-il passé sans eux ? On peut rêver, penser que les autochtones vivaient heureux comme ils étaient et qu'il fallait les laisser tranquilles. (Ah! Rousseau et le mythe du bon sauvage!).

Mais c'est de l'utopie. Le monde moderne avance (on peut le regretter mais c'est un fait). Nous marchons peut-être vers notre perte, mais il n'y a pas moyen d'y échapper. Le bon Giono s'y est cassé le nez.

J'ai donc vu, dans les années 40, se construire un pays là où il n'y avait rien. J'ai vu l'armée tracer des routes pour relier les villages les uns aux autres et j'ai vu ces villages devenir des villes. J'ai vu des femmes qui n'avaient pas une grande confiance aux sorciers du coin, faire des kilomètres à pieds pour mener leurs enfants malades à l’hôpital tout nouvellement construit, juste à côté de chez moi.

A l'école, j'ai vu arriver les enfants des chefs de village, qui s'asseyaient sur les mêmes bancs que nous pour devenir les futures élites de leur nation. Fulber Youlou était l'un d'eux. En 1960, il deviendra le premier président de la république du Congo. Il n'a pas fait mieux que les Français, même pire, mais cela est une autre histoire.

 
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